18 octobre 2021

L’agriculture urbaine, quelle place dans le système alimentaire de nos villes ?

Torba a participé au colloque de la biennale des villes en transition à Grenoble. Le colloque a réuni chercheurs, entrepreneurs et différents acteurs de terrain sur la thématique qui s’intitule « L’agriculture urbaine, quelle place dans le système alimentaire de nos villes ? ».
في الجزائر ، يستمر التحضر في الزيادة حيث يعيش 70٪ من السكان في المناطق الحضرية وسيصل إلى 80٪ في عام 2050.
تعتبر منظمة الأغذية والزراعة (الفاو) أن تطوير الزراعة الحضرية هو أحد مفاتيح الغذاء للبشرية.
هذا هو هدف جمعية تربة وجميع الجمعيات المحلية التي تعمل على تحسيس المزيد من البيئة في أحيائنا
L’AGRICULTURE URBAINE
L’urbanisation ne cesse d’augmenter avec 70% de la population qui vit en zone urbaine etqui atteindra les 80% en 2050. Rien qu’en France, 2 500 ha de terres agricoles disparaissent chaque année.
La Food and Agriculture Organization(FAO) considère le développement de l’agriculture urbaine comme l’une des clés de la survie alimentaire de l’Humanité.L’agriculture urbaine vise àrelocaliser la production pour alimenter un territoire et à y recréer de la biodiversité pour assurer une sécurité alimentaire pour les villes.C’est dans ce contexte qu’une agriculture urbaine multiforme est en train de se développer, qu’elle soit associative ou professionnelle, de culture au sol, hors-sol ou sur les toits, ces espaces pourraient présenter un intérêt économique aux collectivités locales.
MODELE ECONOMIQUE DE L’AGRICULTURE URBAINE
Ces modèles innovants d’agriculture en milieu urbain visent à relocaliser la production pour assurer une sécurité alimentaire pour les villes. Des espaces sont aménagés pour recréer de la biodiversité en s’inspirant des principes de l’agro-écologie avec des systèmes durables conçus pour répondre aux besoins locaux et basés sur la revalorisation des déchets et des distributions en circuit-court. Les acteurs des projets d’agriculture urbaine travaillent dans une logique d’accompagnement des collectivités locales pour la conception et l’expérimentation de ces projets par des études technico-économiques. Les modèles économiques développés sont subventionnés par divers fonds et visent une autonomie alimentaire locale par la mobilisation citoyenne et la réinsertion professionnelle.
La micro ferme Loos en Gohelle est une ferme qui fait partie de l’association Les Anges Gardins et du réseau d’exploitations des Jardins de Cocagne, elle développe un modèle économique qui se veut inclusif et à fort ancrage territorial.Ce modèle s’inspire des jardins nourriciers et communautaires de New York ainsi que de l’expérience cubaine d’une agriculture de proximité, sans pétrole et à grande échelle. Un projet inclusif qui se veut inciter au retour à la terre de toutes les catégories sociales aussi bien les ingénieurs, les enseignantsque les petites gens, en travaillant à ce que les activités créées soient accessibles aux personnes ne disposant pas de hauts niveaux de qualification. C’est aussi un modèle qui se base sur l’insertion professionnelle et sociale par des activités économiques créées autour du maraichage, de la transformation de la production ou le développement d’activités récréatives. Ce modèle vise aussi à avoir un ancrage territorial qui consiste à territorialiser et à regrouper les producteurs en créant des coopérations par des chantiers participatifs avec des échanges et des transmissions de techniques, avec des activités locales et solidaires. Au lieu de viser une autonomie individuelle, ce modèle de la micro ferme Loos en Gohelle vise à Recréer une coopération locale et territoriale en recréant de l’activité économique notamment par la réinsertion sociale et un système de monnaie locale.
LA RESSOURCE FONCIERE
La question de l’agriculture urbaine ne peut être posée sans étudier le foncier, la mobilisation du foncier pour une autonomie alimentaire en ville passe par une réhabilitation foncière qui consiste en une requalification des friches.Les friches urbaines sont souvent des friches touchées par la pollution et sont soumises à des politiques d’aménagement urbain ce qui nécessite des études au préalable.Un bilan sur l’état environnemental des friches doit être fait, en faisant une étude historique des lieux ainsi qu’une analyse des sols, une étude du site doit aussi être faite pour voir par exemple s’il ne se situe pas en zone inondable ou pour s’assurer qu’il n’y a pas de projet urbain qui pourrait entraver le projet d’agriculture urbaine. Les solutions de dépollution varient selon le type d’activité visée, c’est le résultat du bilan de diagnostic du site qui détermine si les friches représentent un réel gisement ou pas.Face à cette tendance de relocalisation de l’approvisionnement alimentaire se pose la nécessiter d’analyser et de cartographier ces mutations du foncier alimentaire et de repenser la propriété du foncier pour répondre à cette demande de production de proximité.
Une autre manière de faire de l’agriculture en milieu urbain est le maraichage sur les toits, c’est le projet entrepris par Topager qui a été lancé, avec l’INRA entre autres, dans le but d’exploiter les toits parisiens pour installer des potagers et recréer de la biodiversité en ville. Ce projet compte plusieurs réalisations : les toitures de l’Opéra Bastille (2500 m²) cultivées en agro-écologie fournissentdes centaines de paniers hebdomadaires de fruits et légumes les salariés de l’opéra, les restaurants et les habitants aux alentours; un autre modèle est celui des potagers du centre commercial d’Aubervilliers (une de ses productions est 12kg de tomate par m2 en association avec du basilique) qui fournit des restaurants et des épiceries en circuit courttout en expérimentant un système d’insertion professionnelle et sociale. Dans ce modèle d’agro-écologie sur toits, la revalorisation locale des déchets en utilisant le bois d’élagage des arbres des rues et les déchets de cuisines peuvent suffire pour fournir du compost pour cultiver sur les toits.Ce compost est combiné à des inséminations en mycélium et en lombrics (champignon et ver de terre) avecun substrat de pleurote à base de marc de café. Des analyses ont montré que les légumes cultivés en ville sur les toits sont sains et que les substrats des cultures s’améliorent progressivement.
RECHERCHE ET AGRICULTURE URBAINE
Le Réseau d’établissements toulousains Agriville fondé en 2014 vise à mettre les résultats de travaux scientifiques et les ressources pédagogiques à disposition des personnes qui pratiquent l’agriculture urbaine.Il a pour objectif de favoriser les interactionsentre les différents acteurs (enseignant-chercheurs, étudiants, professionnels, associations, élus…) et d’Intégrer la place de l’espace publique dans la recherche en favorisant un esprit de pluridisciplinarité entre sciences humaines, sociales et sciences dures avec une approche Environnement-Santé-Société.
Jill Litt, professeur en environnement et santé a mené des études pour voir si les jardins urbains communautaires (« communitygardens » en anglais) constituent une stratégie localedurable de sensibilisationaux questions relatives à la santé publique. Des études basées sur des sondages et des interviews ont été menées à Denver (état du Colorado aux USA) sur plus de 400 sujets de diverses catégories pour évaluer l’impact du jardinage collectif sur le mode de vie des sujets. Les résultats ont montré une production et une consommation plus élevées de fruits et légumes chez les adeptes du jardinage collectif que chez les personnes qui jardinent seules ou n’ayant pas de jardins.Les résultats soulignent également l’importance de l’aménagement de ces espaces de jardinage collectif de façon à créer un lien et une proximité entre la population et son environnement pour uneamélioration du comportement alimentaire et de la vie sociale.

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