18 octobre 2021

Quelle autonomie alimentaire ?! ماذا عن الاستقلال الغذائي

Le moment est-il venu pour changer nos usages face à la nature ? Une nature généreuse, nourricière, mais une nature malmenée qui, comme toujours, a l’avantage de nous rappeler nos inconséquences.
ON EST EN CRISE ET C’EST LA NATURE QUI NOUS LE RAPPELLE !
ON EST EN CRISE SANITAIRE MAIS ON RISQUE UNE CRISE ALIMENTAIRE !
Notre façon de faire et d’agir doit en effet absolument changer, surtout pour contenir les problèmes les plus importants et les plus stratégiques : la santé bien sûr, mais aussi la question alimentaire et sa double relation avec la nature (et donc avec les usages de la nature pour produire de quoi se nourrir), et avec l’humain, sa croissance exponentielle, ses besoins de plus en plus forts, ses modèles de consommation, de plus en plus diversifiés entraînant boulimie, gaspillage, déchets, pollution et comportements irrationnels.
Il y a donc lieu de changer, non seulement de comportement, mais aussi et surtout de paradigme, de doctrine et de méthode
Au départ il y a la nature, une nature nourricière et protectrice que les humains, par une folie destructrice, l’ont mise à leur service. Au final, une nature qui donne à manger, mais une nature saccagée et offerte aux vents de la dégradation et à la ruine. Les agronomes pourtant, connaissent très bien les règles des usages du sol, de l’eau et des équilibres des écosystèmes ; ils connaissent (mais une partie d’entre eux ne veut pas le reconnaître) la fameuse LOI DES RENDEMENTS INVERSEMENT PROPORTIONNELS , une loi qui donne une limite aux systèmes intensifs et qui alerte sur les dangers de perte de la fertilité des sols et la ruine des agro écosystèmes. Eux et d’autres (notamment les technologues, les économistes libéraux et les gestionnaires du vivant) ont succombé aux voix des sirènes de l’économie hyper productive, à la fameuse politique d’intensification et mise en valeur hydro agricole hyper intensive, à la production hyper intensive hors sol et à la grande agriculture sur-mécanisée et sur-chimisée, extensive-intensive. L’argument avancé ? Arriver à nourrir de plus en plus de bouches voraces.
Ok : Mais alors où allons nous? Si du côté de l’offre agricole, on peut consentir quelques entorses aux lois naturelles pour essayer de satisfaire des besoins importants et divers, même s’il es temps quand même de revoir notre doctrine agronomique, nos programmes et POLITIQUES AGRICOLES et notre « fuite en avant » pour faire semblant de produire bien et beaucoup dans les zones arides et manquant d’eau et de technicité.
Du côté de la demande, il faut désormais faire une halte salutaire : où allons nous ? notamment dans des pays à forte croissance démographique et où des pans entiers de la populations (même les plus pauvres) tendent désespérément à vouloir adopter un modèle de consommation alimentaire OCCIDENTAL GASPILLEUR, CHER ET ÉNERGIVORE (1 calorie animale = 7 à 8 calories végétales; 1 calorie alimentaire = 10 calories mécaniques et énergétiques). Une dérive et un « tonneau des Danaïdes » qui n’en finit pas, un cercle infernal de la misère, notamment chez les plus fragiles et les plus pauvres : Forte croissance démographique sans maîtrise , laissée aux soins des charlatans de la culture et de l’idéologie, une quête désespérée au « bonheur de « manger bien » comme « ailleurs », une mobilisation sans précédent pour tenter d’assurer des disponibilités importées en s’endettant à vie, à « courir derrière » les sacs de semoule et de sucre ; une tendance folle à vouloir imiter coûte que coûte des modèles dénoncés ailleurs, une frénésie incalculable et des conséquences fâcheuses, aussi bien sur la santé que sur la nature et nos environnements souillés.
Du côté de l’offre, il est clair qu’on ne peut se nourrir qu’en sollicitant dame nature, nos pères et ancêtres l’ont bien compris (eux qui n’étaient pas ingénieurs mais ingénieux) , eux qui ont mis en place des systèmes ingénieux d’usage de la terre et des eaux, avec des principes cardinaux (de véritables doctrines, malheureusement non respectées par certains « experts » agronomes et autres) : la loi du « Prélèvement/restitution », la loi des « Rendements inversement proportionnels », les lois de rotation et d’assolement des cultures, la « ployculture-élevage, le pastoralisme et, enfin, l’adoption d’un système extraordinairement efficace, nourricier, durable et pérenne, le système de l’Agriculture familiale….
Zoubir SAHLI, Agro économiste
29/03/2020
Publié par Linkedin

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