24 octobre 2021

En Algérie L’Eldorado a la peau dure

par Sofiane Benadjila, Ing Agro (ENSA).
Faire de l’agriculture au Sahara n’est pas une nouveauté en soi, puisque dans ce désert, les humains ont réussi à assurer leur autosuffisance alimentaire depuis des millénaires. Grâce à la construction d’agro-écosystèmes oasiens, Ils ont réussi à pérenniser une activité agricole, et une vie sociale, ajustées à la capacité porteuse de l’aridité environnementale. Dans ces régions, ce à quoi on est arrivé est peut être un cas unique d’une anthropisation, où des agrosystèmes entièrement conçus par les hommes, ont pu traverser des siècles et des millénaires dans une harmonie pratiquement parfaite avec le milieu naturel.
Les temps nouveaux ont vu naitre un autre type de relation entre l’homme et la nature. Avec l’accès à l’énergie, les rapports sociaux ancestraux pouvaient être rompus, pour laisser place à une exploitation minière des espaces désertiques.
Quel quelle soit l’approche que l’on adopte, la domestication de ces milieux arides, est et restera extrêmement délicate. La rigueur des contraintes, pédoclimatiques, agrobiologiques… sont telles, que l’on comprend très vite l’intérêt d’apprendre à les gérer au lieu de les affronter. Redonner une vie aux zones potentielles, nécessite l’aménagement d’agrosystèmes aux dimensions soutenables par l’environnement. Ce qui revient en premier lieu à comprendre comment nos prédécesseurs sont arrivés à antrhopiser ces milieux, pour pouvoir ensuite inculquer le savoir et les techniques actuelles. Ceci pour dire que le progrès n’est pas une rupture avec le passé, mais une continuité qui intègre la modernité.
L’aridoculture, consiste en partie à une gestion de constantes environnementales particulières, à savoir, la faible fertilité des sols, des températures extrêmes, la rareté de l’eau, et avec l’irrigation l’épineux problème de la salinité secondaire, …. Ce dernier étant à l’origine de la perte de 8-10 millions d’hectares de terres arables par an à travers le monde, affecte déjà au moins 400 millions d’hectares et en menace gravement une surface équivalente. Si cela signifie par là, que le problème de la salinité des sols est loin d’être entièrement maitrisé, c’est par ce qu’en plus, dans une société agraire, cette dérive environnementale (la salinité) fragilise les équilibres, sociaux, économiques, et culturels préétablis.
Aspect spatiotemporelle.
Le Sahara algérien repose sur une très importante quantité d’eau est une réalité, mais penser que l’on puisse en disposer à volonté ne l’est pas du tout, et ceci à plusieurs titres.
Un léger tour d’horizon, permet d’obtenir une appréciation globale des contraintes que pose l’aridoculture dans le monde. Si on s’intéresse aux expériences édifiantes, qui ont été à la source de l’inspiration des gouvernements, apparait tout de suite l’illusion que peuvent véhiculer les meilleurs projets de développement technocratiques conçus dans des bureaux, où l’on s’obstine à prendre des désirs pour des réalités.
Pour qu’on puisse évaluer les différents enjeux, il a semblé nécessaire de présenter de façon la plus succincte qui soit, le modèle agricole californien ainsi que les aventures dans lesquelles se sont engagés à différents degrés quelques Etats.
L’agriculture californienne en bref.
Par le biais du Plan Marshall, c’est en gros tout l’idéal du mode vie américain, qui s’est exporté à travers la planète. Les processus de production capitalistiques spécialisés et intégrés aux chaines de valeur de l’agrobusiness, n’y ont pas échappé, puisqu’ils en étaient les supports, et avec eux l’agriculture irriguée californienne.
La Californie qui totalise 3 millions d’hectares irrigués, est le  premier Etat agricole des Etats Unis avec 45milliards $ (2015), soit 12,8 % de la valeur totale de l’agriculture américaine. C’est La Vallée Centrale qui constitue la principale région agricole de l’État. Elle rassemble des atouts naturels qui feraient rêver tout agriculteur ! La production agricole est concentrée dans des zones qui associent la planéité, la fertilité et la disponibilité d’une eau renouvelable, sous un climat méditerranéen, donc loin des zones arides du Sud de l’Etat.
Cette dépression de près de 600 km de longueur, reposant sur des terrains sédimentaires, très fertiles, l’épaisseur des alluvions peut atteindre 900 mètres ! Comprise entre les latitudes 40° et 35°, son climat est tropical au Sud et tempéré au Centre et au Nord. Comme c’est une cuvette, bien souvent les premiers colons ont du assécher des territoires entiers avant de pouvoir les cultiver. Une région où l’hygrométrie moyenne avoisine les 60%, et où il ne gèle jamais. Une sorte de Mitidja démultipliée, qui capte 71 % des eaux d’irrigation de l’Etat. Cette eau provient principalement de la « Sierra Nevada » (chaîne enneigée), et de la forte pluviométrie (1680mm) de la partie Sud de la Chaine des Cascades. D’ailleurs le système d’irrigation public qui alimente les exploitations agricoles californiennes (Central Valley Project et State Water Project) est entièrement basé sur la fonte des neiges. Ce sont donc deux châteaux d’eau naturels, qui encadrent une vallée parsemée de lacs. Ils entretiennent un vaste réseau hydrographique, qui la sillonne par une multitude de cours d’eau. Le captage de cette eau se fait par des aqueducs et des barrages, à partir desquels on irrigue avec un système complexe de canaux et de pompes. Cette eau superficielle et renouvelable, est évaluée à près de 42 milliards de m3 par an (à titre comparatif la quote-part de l’Egypte pour le Nil est de 55,5 milliards), gérée pour un montant annuel de 1.5 milliards de $. Ces systèmes d’irrigation développés sur des générations, arrivent à disponibiliser de l’eau à très faible coût (0.036$/m3).
Toutes ces raisons ont fait que dés la moitié du XIXème siècle cette région était excédentaire en produits agricoles.
Jusqu’à ces dernières années, il n’était nullement question de l’exploitation des eaux souterraines. Peu après le début du XXIème siècle, la sécheresse a poussé à la surexploitation des ressources hydriques profondes. Ce qui a fini par rattraper cette agriculture, qui se trouve aujourd’hui confrontées aux défis des limites de la gestion traditionnelle de l’eau. Depuis quelques années, le recours excessif aux pompages des eaux souterraines, a fait surgir d’innombrables problèmes. Sont apparus, dans une série logique, l’inévitable augmentation de la charge saline des sols, l’accumulation de sels dans l’aquifère, les effets de l’infiltration ont engendré la contamination des eaux souterraines par les nitrates et les pesticides,…Tout ceci a conduit à la réduction des terres agricoles de 3.6 à 3 millions d’hectares, entre 1997 et 2010. Aujourd’hui les surpompages provoquent des affaissements de terrains, une nouvelle menace pour les habitations de certaines villes (Fresno…). Un peu partout, apparaissent des prestataires, qui proposent (par des systèmes GPS….) des modes de gestion de ce nouveau phénomène d’affaissement des sols, en attendant que surgissent de nouveaux problèmes. Comme conséquence, en 2015, les pertes économiques dues aux chutes de rendement, et au retrait de terres agricoles en raison de la salinité… ont provoqué des dommages financiers évalués à 2.2 milliards de $, et à la suppression de 17 000 emplois, composés par une population mexicaine réduite à l’esclavage…
Il semble bien que « la région agricole la plus riche de l’histoire ait amorcé sa phase de déclin économique, laissant derrière elle un désastre écologique. Une proportion importante d’habitants de Central Valley souffre de cancers, de maladies cardiaques, de diabètes, d’intoxications aux pesticides…
Les bulles alimentaires.
En Arabie Saoudite, en Libye,… les années 80 virent émerger, presque simultanément, des projets de développement agricole, animés par le mythe du désert californien. Poussés par le besoin d’assurer une certaine autonomie alimentaire, ces pays se sont lancés dans une aventure en misant essentiellement sur la capacité à mobiliser des ressources hydriques fossiles ou très peu renouvelables.
L’Arabie Saoudite a initié dès les années 70, une politique ambitieuse poursuivant à terme un objectif d’autosuffisance alimentaire. Au début des années 80 celle-ci a été amplifiée par un programme d’irrigation soutenu par des forces financières impressionnantes (Saudi Arabian Agricultural Bank…). En 10 ans (1980-90), les superficies agricoles sont passées de 150 000 à près de 2 millions d’hectares (pic de 2.5 millions en 1991). Les saoudiens ont eu recours à un matériel considérable, à une technologie de pointe (pivots géants de 500m, systèmes de contrôle…) entièrement importée. C’est a grand coup de pesticides et d’engrais, que les quelques 3000 pastilles d’irrigation des fermes à blé, ont atteint les rendements spectaculaires de 80qt/ha, faisant passer la production à 3.3 millions de tonnes (pour une consommation nationale 1 million de tonnes), avec un record de 4 millions de tonnes en 1991. En 1981 le Royaume était autosuffisant, et dès 1985 il est devenu exportateur (6e exportateur mondial en 1992).
A priori ce sont de très bonnes performances, sauf que l’on ne peut pas demander à un désert de se comporter comme Central Valley sans en payer les frais. Au bout d’une vingtaine d’année, même les 200 barrages construits, n’ont pas empêché la réduction des ressources (2 175 milliards de m3) d’eau douce souterraines de plus d’un tiers. Le système aquifère, très faiblement alimenté, composé de 12 nappes, referme une eau dont la salinité peut atteindre les 15 000 ppm (15gr/L). Dans certaines régions elle est légèrement radioactive, sa température (40 à 65°), varie en fonction de la profondeur, et elle doit donc être le plus souvent traitée avant son utilisation. La consommation de 15 milliards de m3/an, a fait que le surpompage entraîne un rabattement des nappes, ce qui a engagé les forages dans une course à la profondeur, allant jusqu’à 2000m. Au fil du temps, la salinisation croissante des eaux, l’accumulation des sels dans les sols et la raréfaction de l’eau, ont poussé dans certains cas à déplacer les champs (le complexe d’Al Safi) sur des centaines de kilomètres, ou à tout simplement abandonner.
Finalement le Royaume a du plier et se soumettre devant l’ampleur de toutes ces contraintes environnementales, qui l’ont amené à produire un blé à un prix 4 à 6 fois plus élevé que les cours internationaux, en gaspillant ses réserves hydriques….
Il fini par reconnaitre l’échec du programme en 2008, et depuis, développe une politique d’achats ou de location de terres, pour externaliser son autosuffisance alimentaire. En espace de quelques années, l’Arabie Saoudite qui était célèbre pour ses fermes de blé circulaires, les fameux greens circles, l’est devenue pour sa politique de Land grabbing. Pendant ce même temps, et comme c’est le cas dans l’exploitation minière des ressources naturelles, le pays a fortement consommé son capital environnemental.
L’Arabie Saoudite s’est résolue à ne pas produire un épi de blé depuis 2016, et a arrêté la production de luzerne en 2018.
La Libye, Le Grand Fleuve Artificiel(GFA), Huitième Merveille du Monde. 
Le pays s’est engagé à peu près au même moment dans le projet du Grand Fleuve Artificiel, pour un coût de 33 milliards de dollars, conçu pour comprendre cinq étapes, étalées sur 25 ans (1985-2010), dans le but d’irriguer 180 000 hectares. Le GFA n’est en fait qu’un gigantesque transfert d’eau aux régions septentrionales (400-800km), captée sur plusieurs bassins hydrogéologiques sahariens, par 1300 forages à 600-800m de profondeur, pour un débit de 60m3/s, distribuée par un réseau de canalisations de 4000 kilomètres. Une impressionnante infrastructure, qui a absorbé la moitié du budget de l’Etat, a été mise en place pour exploiter le système aquifère du Bassin de Nubie (ou NSAS : Nubian Sandstone Aquifer System). L’une des plus grandes réserves d’eaux douces souterraines du monde (capacité totale de stockage d’environ 540.000 km3), partagée par la Libye, le Tchad, l’Égypte et le Soudan. L’exploitation opérée dans le système aquifère du Sahara septentrional, que partagent l’Algérie, la Tunisie avec la Libye devait quant à elle, alimenter la région Ouest (Tripolitaine). Les études de faisabilité ont été confiées à une société anglo-américaine, Brown & Root Overseas Limited, filiale de Halliburton, et les technologies ont été importées de la Corée du Sud (via la société Dong Ah).
Le mirage californien de la San Joaquim Valley répliqué en Libye, a même fait dire aux responsables qu’ils allaient nourrir une partie de l’Afrique, sur 180 000 ha et avec l’équivalent du débit d’une rivière moyenne en zone tempérée.
Juste après l’inauguration de la première tranche, en 1991, on se rend compte qu’elle fournit moins du cinquième de la quantité d’eau initialement prévue. Sous l’effet de la chaleur, apparurent des défaillances techniques (dégradation du câblage en fibre optique du système de contrôle à distance …), une forte évaporation…. Si au départ 80 % de l’eau était destiné à l’agriculture, les eaux de la Grande Rivière Artificielle ont du être détournées de leur but premier dès le début des années 1990.
Au début des années 2000, l’effet cumulatif des problèmes, a placé les responsables devant des questions économique et environnementale difficiles voir impossible à résoudre. Les rendements obtenus étant inférieurs à ceux prévus. Les charges nécessaires au maintien de l’exploitation, compte tenu de l’importance des investissements, étaient insuportables puisque les prix de revient de la production étaient encore une fois nettement au dessus (4 fois) des prix internationaux.
La débâcle devant laquelle se sont retrouvés les dirigeants, les a contraint dés la fin des années 1990, à prospecter d’autres voies pour gérer la ressource en eau, dont le transfert fort couteux (1 à 1,2 $/m3) n’était plus soutenable.
En 2006 une vingtaine de sociétés libyennes et étrangères ont été impliquées pour tenter de cultiver les terres (projet d’Abou Aïsha), un consortium de sociétés européennes et égyptiennes rejoint par des investisseurs nord-américains (Tarhouna), Technofarm International Ltd, exploite plusieurs périmètres agricoles reliés au tronçon oriental…, mais en vain.
Tout comme l’Arabie Saoudite, la Jamahiriya s’est résolue à développer une agriculture hors des frontières libyennes, il y a eu l’échange « blé contre pétrole » avec l’Ukraine, la culture de 100 000 hectares de riz au Mali ….
Naissance du Sahara Californien.
En Algérie, la colonisation par l’eau à partir du Continental Intercalaire a réellement commencé au Bas Sahara à la fin du XIXe siècle, l’idée est loin d’être nouvelle. En 1932, une « mission algérienne agricole et commerciale » de l’OFALAC* de retour de Californie, avait pour objectif, de reproduire le modèle américain dans l’exploitation des terres agricoles. A ce moment là, l’agriculture californienne irriguée à plus de 70%, est déjà orientée vers des productions commerciales. Elle semblait correspondre tout à fait à une vision capitalistique tant recherchée par la colonisation agraire européenne. En 1948, portée par le souffle du Plan Marshall, la conquête du Bas Sahara (la vallée de l’Oued Rhir…), s’est intensifiée par l’extension des surfaces cultivées, et le recours massif à l’extraction des eaux du Continental intercalaire, pour une agriculture de rente, à des profondeurs allant de 800 à 1 500 mètres.
Une fixation obsessionnelle qui a la peau dure.
A l’image des colons de 1930, un désir farouche à vouloir imiter l’agriculture californienne, anime encore aujourd’hui des entrepreneurs algériens. A les entendre, cette volonté proviendrait des similitudes des conditions biophysiques qu’ils auraient trouvé avec celles du Sahara.
*Office Algérien d’Action Économiques Touristique, crée en 1932 par le gouverneur Jules Cadre, pour étendre à travers le monde, l’action économique de l’Algérie.
Quelques éléments de réflexion, histoire de planter le décor.
Le poids démographique,
Le raisonnement sur l’agriculture saharienne en Algérie, porte sur une population, recensée à 5 millions en 2012, est estimée à 8.5 millions habitants en 2030. Les besoins minimaux* en eau recommandés par l’OMS, soit 1000m3/an/hab. ou 2.5 m3/hab./j, poseront une équation difficile à résoudre pour la satisfaction des besoins régionaux. Car il faudra mobiliser 8.5 milliards de m3 par an, comment faire, alors que le renouvellement du SASS (Système Aquifère du Sahara Septentrional) qui était à une moyenne de 1.4 milliards, se limite de nos jours à 1 milliards (Observatoire du Sahara et du Sahel, OSS.2015) en raison de la réduction de la pluviométrie due aux changements climatique … Une quantité à partager entre trois pays, Libye Tunisie, Algérie.
En admettant que les sols ne soient pas un facteur limitant, la question des ressources en eau conditionne toutes les autres. Avec des quantités démesurées d’eau à mobiliser, on comprend que même en sacrifiant toute l’agriculture oasienne, d’emblée il faut exclure l’idée que la mise en valeur des espaces sahariens puisse combler durablement la demande alimentaire du nord du pays. L’eau ne pourra même pas soutenir dans le temps, la production nécessaire pour couvrir tous les besoins des habitants du Sahara. Comme quoi, en principe, il n’y a plus matière à débattre, la question appartiendrait déjà au passé, car l’équation semble hors de portée.
La ressource en eau, liée à l’énergie.
Par ailleurs, que l’on soit au niveau Sahara septentrional (Biskra, Laghouat…), ou au Sahara central (Adrar, Ain Salah…), ce sont des zones où il faut assurer des doses d’irrigation colossales, de l’ordre de 1.7 à plus 2.8 m3/m2/an (tenir compte du coefficient cultural). La mobilisation de l’eau devient la principale contrainte économique, soulevant sur plusieurs aspects** la question de l’efficience de l’eau, de la performance énergétique***…. Comme on peut le supposer, on se retrouve sur des apports d’eau nettement supérieure (2 à 3fois et plus) au standard du 1 m3 d’eau/kg de blé produit. Ce qui porte le minimum de « la rentabilité économique » à 20qt/ha ou 35qt/ha et souvent plus, selon le site exploité.
Les limites naturelles imposées par l’eau, conduisent actuellement l’Algérie à importer, pour ses besoins alimentaires, sous forme virtuelle, l’équivalent de 17 milliards de m3/an d’eau (2006) soit environ 350 m3/hab./an ou 2770 litres/hab./jour. Il est bon de remarquer que cette quantité d’eau est supérieure au plafond du potentiel naturel, qui est de l’ordre de15 milliards de m3. On peut noter que les ressources exploitables ont été estimées (2005) par la FAO à 7,8 milliards de m3.
Les déplacements de toutes ces masses d’eau, sont corrélés positivement à l’énergie consommée. On peut donc s’attendre sans surprise à ce que la performance énergétique soit faible. Si pour l’agriculture conventionnelle 1 calorie alimentaire nécessite une moyenne de 10 calories fossiles, dans ce cas la calorie alimentaire obtenue, au vu des intrants et de l’énergie que nécessite l’irrigation (les céréales ne sont généralement peu ou pas irriguées)****, dépasse les limites de l’acceptable.
*Les besoins minimaux recommandés par l’OMS étant de 1000-1300 m3/an/ hab., soit 2.5m3/j/hab. Mais, un régime de survie nécessite 1 m3 d’eau par jour, contre 2,6 m3/jour pour un régime végétarien et plus de 5 m3/jour pour un régime carné.
** les aspects, économique (m3/$généré), agronomique (m3/kg de biomasse produite), et nutritionnelle (m3/Calories)
***Le rapport Medener (réseau des agences de maîtrise de l’énergie dans le pourtour méditerranéen) explique que c’est bien l’Algérie qui consomme le plus d’énergie à l’hectare, dont 100% proviennent des ressources fossiles.
****Voir eau, Bleue, Verte, et Grise.
Limites biophysiques.
-Ressources en eau
Indépendamment des nappes phréatiques, l’Algérie exploite deux nappes superposées, la plus profonde, le  Continental (CI) ayant une eau chaude (jusqu’à 60° et 1 à 2gr de sels), entartrante et le Complexe Terminal(CT) fortement minéralisée (2 à 8gr de sels). C’est grâce aux écoulements provenant de l’Atlas Saharien que ce Système Aquifère Saharien (SAS) est alimenté. Mais comme ça a été cité précédemment, les recharges annuelles des deux nappes estimées par l’OSS (Observatoire du Sahara et du Sahel) se sont réduites à 1km3, alors que les prélèvements se situent à 2,75 km3. Le changement climatique aurait donc diminué le potentiel de recharge des nappes de 20% à la du XXème siècle, le scénario prévu pour ce XXIème est de 30%.
On envisage de porter la ponction par les trois pays à 7.8 km3/an à l’horizon 2030, dont 6.1 km3/an en Algérie. Alors que l’effet du déstockage signalé dès les années 80, a commencé à se faire sentir dans certaines zones par des rabattements de 2m/an (Oued Rhir, Ouargla, El Oued et Hassi Messaoud…), et par la diminution de l’artésianisme (pression de l’eau au sein des nappes) comme c’est le cas dans tout le Bas Sahara, où des forages atteignent aujourd’hui des profondeurs de 500 m.
Selon un inventaire dressé par l’ANRH en 1999 sur 1047 foggaras actives, 240 étaient taries, il est évident que 20 ans plus tard la situation est encore plus dramatique. La baisse de la fraction artésienne du débit exploité est impressionnante, puisqu’elle est passée de 100 % en 1900, à près de 3 % en 2005.
La concentration des forages dans des zones particulière n’est certainement pas le fait du hasard. Car pour pouvoir transformer un écosystème en agrosystème toute une infrastructure de base doit être installée. Il faut rechercher la proximité simultanée, eau-terres arables. L’eau étant difficile à transporter, la viabilité économique d’une activité agricole peut être difficilement envisagée si celle ci n’est pas à proximité de terres arables, même si ces terres ont un potentiel réel. Se posent aussi les questions de la viabilisation du site (électricité…), accès (routes..), proximité urbaine (main d’œuvre, marché, approvisionnement,…).
A terme la tendance au regroupement des pompages, provoque systématiquement des cônes de rabattement au niveau des nappes et l’augmentation des concentrations en sels.
Dans la situation actuelle, le déstockage du SASS se répercute sur l’artésianisme, dans les oasis du Sud Ouest, la viabilité des foggaras est directement impactée. Au Sud Est, les cônes de rabattements, dus à l’intensification des pompages (Bas Sahara), accentuent la minéralisation (5gr/l). Par ailleurs l’exemple qui a été observé à El Oued, montre que le niveau piézométrique du Complexe Terminal (CT) est déjà sous la côte du Chott Merouane. L’effet gravitaire aidant la percolation de flux d’eaux sur-salées du Chott vers le CT qui se trouve en situation d’appel, totalement exposé à une contamination irréversible, portant un coup fatal à l’habitabilité de la région. Un exemple qui fait penser à la douloureuse catastrophe du gouffre de l’OKN32 de Ouargla.
Les dégâts constatés dans la situation actuelle, nous montrent qu’il n’est plus permis de poursuivre la même intensité de pompages. La réflexion doit s’organiser autour de la réduction des prélèvements de l’eau, de l’économie d’énergie, de l’augmentation de la bioproductivité…
L’apport de 15 000m3/ha/an d’eau chargée seulement à 2gr/l, ce sont 3 kg de sel déposés chaque année par mètre carré.
Au départ la forte minéralisation des eaux, peut améliorer la fertilité des sols. D’ailleurs on est souvent agréablement surpris par la réponse fulgurante de la poussée végétative des cultures. Il faut partir du principe qu’il n’y a pas de plantes qui préfèrent les eaux ou les sols chargés en sels, il n’y a que des plantes plus ou moins tolérantes aux sels. Les sels qui agissaient au début comme nutriments, au bout de quelques campagnes, leur accumulation, ne tarde pas à se convertir en toxicité…, entrainant l’effondrement brutal des rendements. Accentué par le fait que les sols sans structure, sont dépourvus de carbone (< 1%), la matière organique apportée massivement (jusqu’à 90 tonnes/ha/an) dans les systèmes oasiens permet d’atténuer la salinité en augmentant la capacité d’échange cationique (CEC). L’insuffisance de matière organique qui aurait agit comme une éponge, réduit aussi la capacité de rétention de l’eau à (8%). L’évaporation et l’infiltration rapide, font que les besoins en eau des cultures sont majorés. Dans ces conditions de demande climatique extrêmes, des études ont montré que le pouvoir évaporant de l’air à lui seul capte 30 % du volume d’eau d’arrosage avant son arrivée à la surface du sol, soit une perte de 500 à  500 m3 d’eau/jour par pivot de 50 hectares. Dans des espaces ouverts (absence de microclimat) totalement exposés à l’agressivité climatique, sur de vastes étendues désertiques, les pastilles vertes semblent dévoiler l’absurdité de l’arrogance humaine dans cet univers saharien. Bien évidemment, la viabilité de l'économie oasienne est aussi directement impactée par la remontée excessive des nappes superficielles. Traces laissées par des ghouts ennoyés (gauche de l’image) Palmeraie morte par salinisation du sol après remontée de la nappe phréatique). En 2000, il a été relevé que 65 ghouts urbains étaient inondés et, à l’échelle de la wilaya, 915 étaient ennoyés et 2100 humides, sachant qu’il suffit que l’eau remonte à 1.2m pour que le système racinaire des palmiers se mettent à dépérir ! Il faut se demander combien de familles ont été ruinées ? Quelques cas. Au sein du ministère de l’agriculture, une multitude de tentatives ayant pour objectif la conquête du Sahara, ont été entreprises dans le cadre de plusieurs programmes élaborés au cours du temps. Pour en citer: En 1969 l’Algérie a inauguré le Projet d’Abadla, situé à proximité de Béchar. Censé être irrigué par le barrage de Djorf Torba, alimenté par les eaux de crues de l’Oued Guir. Il a une capacité théorique de 360 millions de m3, pouvant irriguer a-t-on dit 18 000 ha. L’expérience d’une agriculture « désertique » moderne, devait se réalisait sur 5 400 ha de périmètres expérimentaux et de fermes pilotes. Conçu par des experts américains selon le mode de la grande exploitation mécanisée à l'américaine : unité de gestion 1000 ha, parcelles de 12 ha minimum,… Très vite apparurent les insuffisances de l’étude : L’inefficacité des brises vents due à un parcellaire surdimensionné …, l’importance de l’évaporation dans un contexte d’aridité climatique (avec une évaporation potentielle variant entre 2.5 et 2.7 m3/m2/an, les pertes sur les réserves du barrage, peuvent dépasser 60% en 1 année), ainsi que la variabilité interannuelle des pluies (1à 4), ont induit une irrégularité dans la disponibilité des réserves hydriques. Inévitablement les résultats désastreux (salinité élevée, rendements faibles…) ont fini par conduire à l’abandon du projet, lequel a été confié en 1975 à l’armée nationale. Depuis 2014 des opérations de réhabilitation du périmètre d’Abadla ont été lancés pour quelque milliards de dinars. A-t-on recadré la problématique, dans un contexte de contraintes environnementales? A-t-on abordé l’anthropisation avec une ingénierie qui introduit une révision des rapports humains dans la nature, pour un scénario de durabilité ? Les travaux qui ont été entamés laissent entendre que ce n’est pas le cas, comme s’il n’y avait pas de leçons à tirer de l’échec du passé, comme si rien n’a évolué entre 1969 et 2014, comme si un demi siècle n’avaient pas suffit à faire murir la réflexion…. On aurait pu comprendre, que l’agressivité de l’aridité est sans concession. Les contraintes classiques du milieu, non négociables, ne laissent aucune marge de manœuvre, elles ne tolèrent ni le bricolage et ni l’amateurisme. Quand la Salinité passe de 2 à 4 gr/l la productivité baisse entre 67 et 80 %… En 1983, la loi APFA « Accession à la propriété foncière agricole », est venue encourager la politique de mise en valeur des terres. S’inspirant de la technologie des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite, l’Algérie s’est aussi lancée dans l’agriculture par pivot en zone désertique. Ce qui a vu émerger plusieurs projets dont Gassi Touil, avec deux fermes pilotes, de 1000 ha chacune, le mégaprojet d’Adrar, impliquant des ingénieurs américains, étendu sur 32 000 hectares … Des projets qui s’exposent fatalement aux mêmes problèmes récurrents, arrivant en cascades rétroactives, engendrant une augmentation de la salinité, suivie par la perte de la fertilité. On voit bien sur ces images les traces laissées au sol par les disques se déplacer fuyant les parcelles que la salinité secondaire a rendu stérile. Déplacer une rampe d’arrosage, sous entend que la disponibilité de terres arables est dans le voisinage immédiat, ce qui n’est pas du tout évident. Dans tous les cas, cette fuite éloigne progressivement le nouveau site de production de l’infrastructure initialement prévue, source électrique, pistes d’accès, forages…, entrainant des surcoûts de production. Quand la salinité passe de 2 à 4 gr/l la productivité baisse entre 67 et 80 %…. Il s’est avéré qu’un peu partout, au bout de quelques campagnes (5-6), les rendements record ont brutalement chutés et les 2 000 ha irrigués ont évolué en une oasis stérile de sel (Daoud et al, 1994). Un interminable calvaire s’installe, les charges financières augmentent et les rendements chutent. La faillite finie par rattraper cette dérive, matérialisée par les carcasses des pivots, et ce qui reste des bases de vie, abandonnés sur les lieux. L’inévitable faillite de ces aventures a été absorbée par le trésor public. Les investissements colossaux injectés se sont vite évaporés. C’était pourtant en comptant sur l’expérience des américains et des nouvelles performances obtenues en irrigation sous pivot. Au bout du compte, avec les sommes faramineuses englouties, on a réalisé des dommages parfois irréversibles sur l’environnement social, sur les écosystèmes naturels tout en perdant un temps précieux. Par deux fois on a du annuler la dette des agriculteurs (d'abord 14 milliards de DA puis 41 milliards de DA). En Conclusion. Répondre aux besoins d’un pays qui importe 75% de ces calories alimentaires, signifie dans le cas de l’Algérie que 30 millions d’habitants se nourrissent de l’extérieur du pays. Les personnes habitant les villes représentent 72% de la population. La société s’est tertiarisée avant d’avoir construit l’assise d’un tissu économique générateur de richesses. La transition d’une société agraire à une société de services a été soutenue uniquement par la rente pétrolière. La disparition de ce socle financier, va contraindre la grande majorité de la population à opérer une transition inverse, retour à une société agraire. Comme l’homme n’a pas encore trouvé le moyen d’exister sans manger, le pays doit engager une politique agricole en tenant compte du fait que l’urgence est derrière nous, là il n’y a aucun délai. L’effort dans le domaine alimentaire exigera une véritable mutation de la société, l’économie de service devra céder la place à une économie agraire. Dans tous les secteurs, la transition devra s’accompagner de la mobilisation d’un intense effort cognitif appuyé par un gigantesque travail intellectuel. Pour ce faire, il est possible de s’orienter vers une agriculture dite industrielle. Il faudra ce pendant, s’attendre à en supporter les externalités négatives que l’on connait trop bien maintenant. Il sera difficile d’expliquer que le développement est source de progrès, s’il exclu la population, engloutit des milliers de ghouts, élimine l’artésianisme, et expose des milliers de personnes à la misère, détruit les sols…. Il faudra retenir que le choix vers lequel semble tendre l’actuelle politique agricole surprend par sa singularité, puisqu’il n’est pas soutenable économiquement, environnementalement, et socialement. Nous vivons une époque où il est nettement visible que tous les écosystèmes transformés en agrosystèmes perfusés au pétrole et à la chimie, ont dépassé les capacités environnementales entrainant une crise écologique inédite. Cette crise reflète l’insoutenabilité de modèles agricoles anthropocentrées, extractivistes, linéaires…, propulsés par la révolution verte. La question de l’agriculture saharienne se pose dans un contexte où l’Algérie est projetée face à la menace imminente de sa sécurité alimentaire. La production nationale ne suit pas la progression des besoins alimentaires, le niveau de dépendance du pays ne cesse d’augmenter. En cela surgit le fait que la population se dirige vers une période de non confort. Croire que le potentiel agricole du Sahara algérien puisse assurer la sécurité alimentaire du pays n’est plus permis. Mais il est possible d’espérer, que le Sahara soit capable de produire une bonne partie de l’alimentation d’une population qui y vit sobrement. Officiellement il y a possibilité d’exploiter 1.8 millions d’hectares au Sahara, mais d’autres sources évaluent cette surface agricole utile à un maximum de 600 000 hectares (M.Côte.1992). Cela étant, il semble nécessaire d’établir une échelle de classification de la fertilité des sols qui sont de toute façon naturellement différents... Des hypothèses moyennes estiment qu'on puisse mobiliser au Sahara algérien un débit fictif continu d'environ 60m3/s, qui permettraient d’irriguer une superficie de l’ordre de 300 000 hectares. Une surface restreinte surtout si elle est exploitée de façon industrielle. On a trop souvent tendance à oublier qu’on ne peut pas faire de l’agriculture contre la nature. Alors qu’il semble évident que toute activité économique n’est viable que si elle s’intègre dans les limites des capacités porteuses de son environnement. Même en obtenant des rendements élevés (80qt/ha), la bioproductivité reste négligeable par rapport aux systèmes sylvo-agro-pastoraux oasiens, exploités avec des techniques agroécologiques. Les cultures se succèdent tout le long de l’année, rotation élevée, cultures en dérobées, cultures intercalaires, en étages…, toutes ces pratiques font que l’unité de surface est exploitée à son maximum (surface et volume !). La grande agro biodiversité fait qu’à toutes saisons il y a récolte-plantation-semis.., une permaculture spécifique, dont la bioproductivité avoisine les 600qt/ha* ..... L’objectif serait donc de greffer sur le secteur de primaire (production agricole), des filières de transformation. Les chaines de valeurs courtes gagnent en efficacité, par ce que l’effort est directement rétribué. Elles nécessitent aussi peut d’investissements, et peu de prises de risques. Il est donc recommandé de trouver un moyen multiplier les chaines de valeurs sans trop les allonger…. Il parait évident que l’augmentation de la production ne passe pas par l’extensification de l’agriculture, celle-ci permet d’accroitre la production par exploitant et la réduit par unité de surface. Ce qui revient à dire que l’extensification est tout simplement contreproductive. *C’est pour cette raison d’ailleurs que la production alimentaire mondiale provient à 70% de l’agriculture paysanne, alors qu’elle n’exploite que 30% des terres cultivées sur la planète Dans des climats tempérés, des sols riches en humus, ont perdu leur stock de carbone après une quarantaine d’années de pratiques agricoles minières. Dans les déserts, les sols sont initialement pauvres ou dépourvus d’humus. Sous l’effet des températures la dégradation du carbone est accélérée, les doses d’irrigation majorées, la salinisation secondaire intensifiée, ce qui impacte directement le peu de fertilité des sols, et la productivité. L’effondrement de ces agrosystèmes sous perfusion est très rapide, à 80qt/ha, le blé (A.Saoudite) avait un coût de revient 6 fois supérieur au marché international. Inversement la réduction des intrants, provoque des chutes de rendements qui placent aussi l’exploitation sous le seuil de rentabilité économique. On ne peut que constater que ces mégafermes, dont la décadence est rapide, ne sont en fait que des gouffres financiers. Devant l’obstination des politiques à soutenir des programmes opposés à tous les indicateurs scientifiques, et à tous les bilans établis, on est amené à se poser des questions. Pourquoi faire miroiter des projets incrédules ? Est-ce une fuite en avant qui dissipe les craintes des populations, pourquoi donner de faux espoirs, prend-on des désirs pour des réalités ? Paradoxalement près de 40% de la surface agricole est laissée chaque année au repos. Pourquoi ce silence assourdissant autour de la jachère ? Sachant qu’avec le niveau de productivité obtenu actuellement l’hectare ne nourrit que 1 à 1.5 habitant*, peut-on encore se permettre de gérer les terres agricoles avec une ingénierie du siècle passé ? *Moyenne mondiale ; 1960- 1ha/2prs, 2006-1ha/4prs. A ce jour, une infinité de bilans ont été faits, les aspects économiques, sociaux, agronomiques, hydrogéologiques…, ont été soigneusement traités, mais ils resteront inexploitables par des ingénieurs, tant qu’un Etat des Lieux n’a pas été fait. Sachant que le dernier Recensement Général de l’Agriculture (RGA) date de 2001, et que nous sommes à l’ère du numérique. Comment demander à un technicien de proposer des plans de développement crédibles. Sans matrices de données, il n’a aucun moins de dresser ses algorithmes pour avoir de la visibilité sur le chantier Algérie. Il lui sera impossible d’identifier, de prioriser, ….alors qu’il faudrait avoir une approche holistique pour intégrer l’impact des techniques sur les dimensions économiques, sociales et environnementales. En absence de données fiables actualisées, engager le pays sur la base d’une perception erronée de la réalité, est une aventure hasardeuse que l’on ne peut plus se permettre. En attendant il est possible de s’étendre sur le sujet, d’élaborer dans des salons ou derrière des claviers, tous les plans que l’imaginaire peut inventer, dans la plus rassurante des rhétoriques, sans apporter la moindre solution à la question de la souveraineté et de la sécurité alimentaire du pays. Sofiane Benadjila, Ing Agro (ENSA). Consultant Indépendant. sofbenadjila@hotmail.fr Quelques références : • Évaluation de l’Eau Virtuelle de la Phoeniciculture Algérienne pour sa Meilleure Utilisation - Réda Delli1, and Brahim Mouhouche1 1Département du Génie Rural, Ecole Nationale Supérieure Agronomique–Ensa, El Harrach, Alger, Algérie . • Claire Newton, Thomas Whitbread, Damien Agut-Labordère et Michel Wuttmann† L’agriculture oasienne à l’époque perse dans le sud de l’oasis de Kharga (Égypte, Ve-IVe s. AEC). • L’agrosyst_eme oasien : particularit_es et strat_egie d’_evolution, cas de la vall_ee du M’zab (Alg_erie). • L’agriculture biologique, un outil de développement de la filière dattes dans la région des Ziban en Algérie - Salah Eddine Benziouche - Département des sciences agronomiques, université de Biskra, BP 145 RP, 07000 Biskra, Algérie . • Lutte contre la maladie du bayoud par solarisation et fumigation du sol. Une expérimentation dans les palmeraies du Maroc - Adil Essarioui et Moulay Hassan Sedra. • Diversité des dynamiques locales dans les oasis du Sud de la Tunisie Irène Carpentier - Université Paris I Panthéon Sorbonne, laboratoire LADYSS, 5, rue Valette, 75012 Paris, France - Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC), rue Mohamed Ali Tahar, Tunis, Tunisie. • Le dromadaire et l’oasis : du caravansérail à l’élevage périurbain - Bernard Faye , Hakim Senoussiet Mohamed Jaouad. • Les oasis du Monde, carrefour des civilisations et modèle fondamental de durabilité - Driss Fassi - Comité national MAB du Maroc, Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, Rabat, Maroc . • La gouvernance de l’eau souterraine dans le Sahara algérien : enjeux, cadre légal et pratiques locales Ali Daoudi , Caroline Lejars, et Nesrine Benouniche . • Modélisation de l’irrigation en goutte à goutte enterré du palmier dattier sous les conditions oasiennes - Rqia Bourziza, , Ali Hammani, Jean Claude Mailho, Ahmed Bouazil et Marcel Kuper. • Effet de l’irrigation déficitaire contrôlée sur la croissance et le développement foliaire du palmier dattier (Phoenix dactylifera L.) 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Coordonnateurs : Ahmed Bouaziz, Ali Hammani, Marcel Kuper . • Monument historique ou système bien - Les foggaras des oasis du Touat (Algérie) et leur réalimentation en eau par pompage - Salem Idda Bruno Bonté, Hamidi Mansour, Sid-Ahmed Bellal et Marcel Kuper . • Analyse typologique de la diversité et des performances de l’élevage oasien Mohamed Taher Sraïri*, Fatima Azahra M’ghar, Mohammed Benidir et Mohammed Bengoumi - Département des productions et biotechnologies animales, institut agronomique et vétérinaire Hassan II, BP 6202, Rabat, 10101, Madinate Al Irfane, Maroc . • Plongées en eaux troubles et records d’apnée au Sahara - PAR MAËL CRÉPY · 10 MARS 2017. • Permanence d'une pays annerie au Sahara algérien : l'exemple des confins du Grand Erg Occidental • Bisson J. in Dollé V. ( ed.) , Toutain G. ( ed.) . 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