24 octobre 2021

Eviter la surconsommation de viande est un acte écologique

Eviter la surconsommation de viande est un acte écologique

L’occasion de Aïd el adha est une fête religieuse qui nous invite à la sobriété de consommation, pour notre santé et celle de notre environnement, fragilisé par la vague de réchauffement climatique sans précédent, encore plus dans notre pays où les ovins naissent et grandissent par le surpaturage.
N’oublions pas que l’Algérie compte bientôt 45 millions d’habitants, et qu’on consomme rien que pour l’Aïd près de 10 millions de moutons. Pour produire 1 kg de viande de mouton, il faut 1500 litres d’eau, alors que pour 1 kg de légumineuses (lentilles), il faut 150 litres.
Les prévisions pour 2030 disent que la population algérienne arrivera à 55 millions d’habitants et que le réchauffement climatique sera aux portes de la Capitale, à la Mitidja. 
Cette augmentation de la population et le réchauffement climatique, nous amènera à ce moment là à revoir nos modes de consommation, d’autant plus que les prix de la viande vont largement augmenter. La question de santé publique lié à la malbouffe et la destruction de l’environnement seront d’une actualité beaucoup plus brûlante qu’aujourd’hui.
EXTRAITS
Voici des extraits d’un article scientifique (Khaldi 2014), alors que le cheptel ovin ne comptait que 21 millions de têtes. il a augmenté depuis de 20% alors que selon le Ministère de l’Environnement « l’état actuel la steppe ne peut supporter, compte tenu de ses possibilités de régénération naturelle, que 4 millions de têtes »
Où va-t-on comme ça ?
Extraits
« La steppe algérienne est l’objet d’une exploitation écologiquement non durable. La désertification y gagne du terrain du fait d’une sécheresse récurrente, de la surcharge pastorale et de l’extension d’une agriculture inadaptée aux conditions du milieu naturel.
Les pâturages situés en zones steppiques, subissant un processus de dégradation continu, s’amenuisent et nourrissent de moins en moins un effectif croissant d’animaux devenu pléthorique. Ils régressent davantage, car l’agriculture progresse dans la steppe du fait de la croissance démographique qui induit une forte demande de produits agricoles, de la stratégie des agents économiques qui cherchent à diversifier leur revenu et de la politique de l’État qui encourage cette activité. L’espace des parcours, déjà surchargé en cheptel, recule et la pression du pâturage s’accroît.
Le surpâturage provoqué par la multiplication du troupeau dans le monde steppique est à l’origine d’une catastrophe écologique rampante qui est la désertification progressive de zones importantes dénudées et soumises à l’érosion éolienne et hydrique.
La production animale a été gérée sans tenir compte des impératifs de protection du milieu naturel. Les progrès (sic !) qu’elle a enregistrés ont eu pour contrepartie des coûts externes énormes se traduisant par une altération de la nature. La défaillance des structures institutionnelles a engendré une économie pastorale qui ne ménage pas les ressources environnementales.
La croissance du bétail selon des formes productives inadaptées a constitué une véritable calamité écologique du fait que le surpâturage en milieu aride a grandement participé à un processus de désertification de vaste ampleur. L’activité de l’élevage a longtemps été négligée par les pouvoirs publics dans les politiques économiques, ses structures sont restées quelque peu désuètes et inadaptées, ancrées à des formes de pastoralisme qui ont perdu de leur flexibilité à cause des restrictions de la mobilité (mise en defend).
La mise en défend des terres peut avoir un effet pervers possible si les effectifs d’animaux ne sont pas réduits. La fermeture temporaire (deux à trois ans) d’aires de parcours sans diminution du cheptel accroît la charge animale, déjà très élevée, sur les espaces restés ouverts. La gestion éco-efficace du monde de la steppe s’inscrit dans ce vaste programme de protection du milieu naturel. Mais pour que cette protection ait lieu, il faut l’intervention des pouvoirs publics et l’implication des communautés concernées. Il faut précisément un État de droit qui créera les contraintes légales qui protègeront l’homme et la nature et fera épanouir les libertés, sous l’impulsion de la société civile, qui sont la fin et le moyen de développement humain.
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https://journals.openedition.org/vertigo/15152

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