18 octobre 2021

Conférence sur le Potager en agroécologie

Une série de Conférences sur le thème de l’agroécologie potagère, ou comment PRODUIRE DES LÉGUMES EN AUTONOMIE, dans un jardin NATUREL, SANS PESTICIDES, avec ÉCONOMIE D’EAU, et sans TRAVAIL DU SOL
a eu lieu au siège de notre association (Djenane el Fayet club) le vendredi 25 novembre 2016, en partenariat avec la Fondation Filaha innove et l’association Terre & humanisme.
Cette conférence fait suite à une formation de formateurs de 5 jours en agroécologie potagère, qui a permis au Collectif Torba de faire le point sur sa capacité de transmettre les notions et les pratiques agroécologiques.
La 1ère conférence par Karim Rahal a traité d’un thème lié à la consommation responsable : « Et si on revoyait notre modèle de (sur)consommation ? » en mettant l’accent sur l’achat de produits locaux et sains, ou la participation solidaire aux circuits-courts (Amap).
La 2ème Conférence par Majid Arfa a abordé l’expérience de Torba en matière de Jardins partagés, qui est une première du genre en Algérie, et qui consiste en l’octroi d’un petite parcelle de 30 à 80 m2 de terre à cultiver en permaculture, et qui permet une autosuffisance partielle en légumes et fruits de saison. Cette expérience qui en est à sa troisième année a pour projet d’aboutir à la ferme pédagogique, lieu de formation et d’accomplissement de l’agroécologie en tant que mode de vie intégré (eco-construction, recyclage, chantiers participatifs…),
avant de laisser le micro à André Huber, formateur et représentant de Terre & humanisme, qui a présenté son expérience aboutie en matière d’agroécologie potagère, pour arriver à l’autonomie alimentaire !
http://partager-la-terre.fr/formations-accompagnement-agroecologie/stage-potager-agroecologie-2015/
Il est temps pour le citoyen algérien de préparer l’avenir, qui sera écologique ou ne sera pas !
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Comment produire soi-même des légumes sans pesticides avec économie d’eau et sans travail du sol en milieu péri-urbain ou urbain.
Par Patricia Mazy du Journal CRESUS
Le 25 novembre dernier, le Collectif Torba partenaire de FILAHA innove a organisé au siège de (Djenane el Fayet club) à 15 heures une conférence sur le potager agro-écologique en partenariat avec l’association Terre et Humanisme. La conférence était présentée par Monsieur Karim Rahal, Président du collectif Torba, lequel a fait part de l’expérience de son association qui est une première en Algérie. Le micro a ensuite été laissé à M. André Huber, ingénieur agronome passé de l’enseignement industriel aux préceptes de Pierre Rabhi, algérien paysan, écrivain, penseur et aujourd’hui reconnu comme expert international pour la sécurité alimentaire. André Huber propose des solutions simples et concrètes pour permettre à chacun de produire une nourriture saine et de faire évoluer les pratiques agricoles vers le respect de la nature et de l’être humain. « La terre est une personne, a-t-il déclaré, et, à ce titre, elle doit être respectée, aimée, pensée ». L’agro-écologie s’impose comme la seule alternative à l’agriculture intensive actuelle. Elle se situe entre la tradition et la modernité. Même l’ONU présente désormais l’agro-écologie comme l’unique voie privilégiée pour répondre aux défis alimentaires actuels, notamment dans les zones arides et semi-arides. Elle offre en outre aux populations, la souveraineté alimentaire en lui permettant de se nourrir par elle-même tout en respectant l’environnement et la santé des consommateurs.
A l’heure des fast-food, de la malbouffe, des produits alimentaires de grandes distribution dont on ignore la composition et dont il est prouvé qu’ils sont à l’origine de graves problèmes de santé tel que le cancer, le diabète, l’hypertension… chez des individus de plus en plus jeunes, il est urgent de renoncer à cette surconsommation aveugle et facile pour renouer avec des habitudes alimentaires de qualité. Pour ce faire, le Collectif Torba met en œuvre le principe de la « sobriété heureuse » qui est une invitation à prendre conscience des enjeux écologiques et éthiques pour sauver notre planète, notre santé et celle de nos enfants grâce notamment à la biodiversité et à une culture locale exempte de produits chimiques. L’association permet donc à qui le souhaite, non seulement de se procurer et de consommer des produits sains à travers le système AMAP qui met en place une relation directe entre producteurs et consommateurs, mais aussi de développer une agriculture urbaine et péri-urbaine grâce à des parcelles mises à la disposition de ses adhérents.
Une formation est prévue pour apprendre à cultiver son propre potager selon les principes de la permaculture, nouvelle conception de l’agriculture qui essaye de travailler en symbiose avec la nature et pas contre elle, comme c’est le cas de l’agriculture qui utilise des insecticides et d’autres produits chimiques. Le collectif Torba offre donc non seulement l’occasion de cultiver son potager et sa santé en famille puisque des activités sont prévues aussi pour les enfants, mais également au choix des adhérents, de gérer collectivement un poulailler fermier pour avoir des œufs frais du jour, de participer à l’achat groupé de produits de terroir, de trier et recycler ses déchets, de visiter des fermes agro-écologiques et de déguster des repas à base de produits fermiers.
M. Karim Rahal, président du collectif Torba, nous parle de son association.

Comment vous est venue l’idée de créer cette association ?
Elle a démarré en tant que consommateur, en cherchant à consommer des produits sains et naturels. On a été amené à s’intéresser à ces produits là et on a commencé par l’AMAP avec un producteur puis, en complément on s’est mis à produire nous-mêmes nos propres légumes sur un terrain.
A quel stade en êtes-vous au niveau de développement de l’association ?
Il y a un membre de notre association qui dispose de terres et il a mis à notre disposition 600 m2 mais on a une possibilité de s’étendre sur 2000m2 et on a aussi d’autres propriétaires terriens qui nous proposent leurs terres puisque le problème réside dans le fait qu’il y a des terres qui ne sont pas travaillées car il y a un manque de main-d’œuvre et qu’on ne trouve personne pour le faire.
Vous envisagez de vous étendre à partir de là ou vous êtes installé ou bien de choisir d’autres endroits ?
Maintenant nous, on a une activité qui tourne bien mais on souhaiterait faire la promotion de ce modèle pour que d’autres s’en inspirent pour le faire à leur niveau, ce qui est mieux. On est pour des équipes à taille humaine, on ne peut pas grandir indéfiniment.
N’importe qui peut venir et demander un morceau de terre à cultiver ?
Oui bien sûr, mais auparavant il faut passer par une formation. On organise avant chaque saison 2 à 3 formations par mois, trois mois avant la saison. Par exemple la prochaine saison sera celle « printemps-été », on fera deux formations en février, deux en mars et deux en avril.
Quelle est la contribution financière pour avoir la possibilité d’exploiter un potager ?
C’est une location symbolique avec une charte. C’est environ 500 dinars par mois de contribution et 30 dinars par m2 et par saison.
Vos produits sont exclusivement destinés à la consommation des personnes qui cultivent leur parcelle ?
Tout à fait, une parcelle de 50m2 ne suffit pas à produire la consommation d’une famille mais beaucoup de terres peuvent être mise à disposition de ceux qui souhaitent vraiment cultiver des produits naturels car il est difficile de trouver des gens qui veulent travailler la terre. Nous-mêmes on a cherché un ouvrier agricole et on n’arrive pas à le trouver. Il s’agit de se créer sa propre autonomie alimentaire en produits sains et très bons pour la santé. Je vous avouerai que maintenant, j’ai du mal à aller au marché parce que ce que je produis et ce que j’achète au marché, ça n’a rien à voir.
Le but est donc de retrouver un produit sain, naturel, goûteux et de qualité. Qu’employez-vous comme engrais ?
Essentiellement du compost que l’on fabrique à partir de fumier, de déchets de cuisine, de déchets verts qui sont recyclés pour fournir le compost.
Votre vœux le plus cher pour l’avenir ?
Que le consommateur algérien prenne conscience de ce qu’il mange et y réfléchisse pour se tourner vers des produits sains afin de se réconcilier avec la terre nourricière. On ne s’en est pas rendu compte mais on s’est coupé en 50 ans de toute vie naturelle. Moi je suis né dans une cité ; pour nous la vie était normale mais finalement, quand on se remet en contact avec la terre, on voit bien à quel point on s’est éloigné de la vie de la terre. C’est quelque chose qui est ancestral, qui a duré des milliers d’années et même plus depuis la création de l’être humain et maintenant depuis 50 ans on vit en hors sol et on s’éloigne de notre humanité et de notre équilibre naturel. Il s’agit également d’une thérapie qui soigne aussi bien notre corps que notre esprit et cela est fondamental.
M. André Huber, ingénieur agronome, nous parle de l’agro-écologie

Monsieur Huber, vous qui avez une grande expérience dans l’agro-écologie, quels sont les types de difficultés majeures que cette jeune association est susceptible de rencontrer ?
La grande difficulté, c’est d’aller trop vite. Je pense que la prise de conscience du fait qu’il y a plein de dysfonctionnement est acquise. Aujourd’hui, seulement une franche de la population est sensibilisée et il faut donc s’appuyer sur des cas concrets pour montrer que l’on peut avoir de bons légumes ; montrer tout d’abord que l’on peut le faire. Ensuite, au niveau administratif, j’ai l’impression que l’on peut trouver facilement des terrains, ce qui est très important. Après, c’est la mentalité de surconsommation qui est arrivée depuis peu de temps qui peut être un frein, parce qu’arrivent les chaînes de supermarchés auprès desquelles les gens se dirigent par facilité. Une certaine franche de la population, qui a à cœur sa santé et son bien-être, a compris, mais malheureusement la grande majorité n’a pas encore saisi la réelle importance de bien se nourrir et de savoir ce que l’on mange.
Comment pourrait-on donc passer d’un mode de surconsommation à une philosophie de l’essentiel qui est de choisir une nourriture de qualité en sachant d’où elle vient, ce qu’elle contient et en s’assurant qu’elle est bonne pour notre santé ?
On ne voit les dysfonctionnements que lorsqu’on les a vécus. Il faut donc être patient, attendre et je pense que ce qui est nécessaire dans un tel contexte est de créer des alternatives, c’est-à-dire de montrer que c’est possible de faire autrement. Lorsque les conditions seront réunies pour que cela se développe, cela ira de soi et se développera facilement. Il faut construire des systèmes autonomes dans lesquels il fait bon vivre et qui sont épanouissants pour le corps et l’esprit. On n’essaye pas de convaincre, on essaye juste de montrer que cela est possible.
En matière agronomique, j’ai entendu dire qu’il existe un produit que l’on met en terre dans les racines de la plante, qui retient l’eau, permet à celle-ci de gérer ses besoins réels et évite ainsi une réduction considérable du gaspillage d’eau de plus de 90% pour nourrir la plante . Qu’ en pensez-vous ?
Vous avez tout à fait raison. C’est le produit que l’on met dans les couches pour bébé et qui retient les liquides. Cela fait longtemps que cela existe. Mais à mon avis, il y a dans la nature des molécules qui s’appellent l’humus et qui ont exactement la même fonction. On peut le produire soi-même et il n’est donc nul besoin de le fabriquer au niveau industriel. Il s’agit de feuilles de végétaux qui se transforment naturellement pour former une nouvelle terre nourricière et qui retient l’eau. Un des axes sur lesquels j’ai orienté la formation cette semaine traite des moyens pour économiser l’eau. Toutes les solutions existent dans la nature. Il faut simplement savoir utiliser ces processus naturels pour les amplifier, les valoriser et les mettre en œuvre.
Le problème de l’eau est un sujet délicat. Quels conseils pouvez-vous donner pour économiser l’eau de manière optimale ?
Il existe différentes technique pour retenir au mieux la consommation de l’eau par la plante. Tout d’abord, le compostage qui permet de fertiliser le sol et de retenir l’eau. Il y a aussi le paillage qui consiste à couvrir le sol avec des produits végétaux et évite que l’eau s’évapore et qui se transforme progressivement en humus, qui va lui aussi retenir l’eau et qui, par conséquent, procure une double action. Il faut, bien évidemment, pour ce faire, privilégier les matériaux locaux naturels et les valoriser au mieux.

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