5 décembre 2022

1er Bilan et perspectives de la réhabilitation des vergers incendiés

1er Bilan et perspectives de la réhabilitation des vergers incendiés

Constat

Les incendies de forêt du mois d’aout 2021 ont causé des pertes humaines et matérielles et causé une catastrophe multisectorielle, aussi bien  sanitaire écologique, économique que sociale. Ces incendies exceptionnels qui se sont déclarés cette année ne feront que s’amplifier dans les années à venir. Aussi, il faudra s’adapter sérieusement au phénomène de réchauffement climatique. Aussi les agriculteurs, les villageois et les citoyens doivent se préparer aux épisodes de sécheresse qui menaceront notre région méditerranéenne.

Plan d’action

4 mois de sensibilisation et de rencontres (aout à décembre 2021) nous a permis de constituer un bon groupe d’acteurs des populations agricoles sur des zones incendiées (Communes des Oudhias, Ighil imoula, Ath yenni, Ain Hammam, Chrea, Douera), de mieux se connaitre et s’engager dans une démarche de réhabilitation et réaménagement des parcelles, en vue d’aller vers de bonnes pratiques agricoles durables, respectueuses de l’environnement et en mesure de s’adapter au réchauffement climatique.

Plus concrètement, les producteurs d’olive sont invités à respecter les normes déjà présentées sous forme de cahier des charges, à commencer par la période de récolte, le mode de récolte, le temps de trituration, la taille des arbres, la lutte biologique, sans oublier le recyclage du grignon/margine et l’irrigation en temps sec, permettant d’avoir une production annuelle de qualité et à moindre coût. Des mesures anti-érosion doivent être également respectées (demi-lunes, baissières, banquettes…).

Les fonds collectés des donateurs serviront à aider les petits agriculteurs de montagne à accélérer la transition vers les bonnes pratiques agroécologiques* et assurer à partir de 2022 l’écoulement de production dans des circuits courts, garantis par Torba.

* notamment en organisant des sessions de vulgarisation et fournissant le matériel agricole de base : plants d’oliviers de qualité, location de citernes pour irrigation d’été, location d’engins pour aménagement de banquettes, construction de bassins de rétention des eaux de pluie, achat de tronçonneuses, peignes électriques pour récolte olives, cagettes en plastique pour transport…

Aussi, un technicien sera recruté à temps partiel pour orienter, suivre et conseiller les agriculteurs.

Reportage paru sur Chourouk TV http://www.torba.dz/wp-admin

Planning des chantiers-école à compter de septembre 2022

  • Aménagement d’un site (« ihamalen », baissières, tranchées, banquettes, demi-lunes…). A faire avec le GGR ou location d’un engin)
  • Plan d’amendement des vergers, à base de grignons d’olive et de BRF
  • Reboisement selon les lignes de courbe,
  • Taille et broyage des branches d’arbres fruitiers
  • Bouturage / marcotage
  • Greffage de variétés adaptées noyer, grenadier (bouturer), kaki,…
  • Compostage des dechets végétaux
  • Aménagement d’une pépinière locale
  • Irrigation arbres plantés
  • En 2022/2023
  • Lutte contre maladies arbres fruitiers
  • Introduction animaux d’élevage (poulet fermier, caprin…)
  • Reboisement avec essences rustiques
  • Irrigation en période estivale
  • Suivi des parcelles réaménagées

Perspectives 2022 / 2023

Après avoir travaillé surtout dans le domaine de la sensibilisation durant une saison automne/hiver 2021, est venu le temps de mieux structurer nos actions et leur donner un objectif et une orientation plus professionnelle dans le domaine d’activité de production oléïcole dans un premier temps, puis dans d’autres productions agricoles dans un souci de diversification des revenus et d’enrichissement de la biodiversité végétale et animale.

Ainsi, parmi le public sensibilisé, des producteurs volontaires choisiront de rentrer dans un cycle de production vertueux, en signant un contrat de bonnes pratiques agroécologique pour une production d’huile d’olive de qualité

CONTRAT REHABILITATION HUILE D’OLIVE selon les principes de l’agroécologie  
Est éligible tout petit producteur d’huile d’olive qui accepte les termes du cahier des charges Torba qui sont :

Livraison de sa production à huilerie X ou Y (wilaya Tizi ouzou)
Etre suivi selon les principes de l’agroécologie par un animateur rural
La taille des oliviers devra se faire selon les normes (tailleur confirmé)
Récolte selon les normes (moment de récolte, mode de récolte)
Délais de livraison production devront être respectés, et livrés dans des caisses. Pression dans les 48 heures
Accepte de travailler selon les principes de la touiza (notamment en Coopérative, matériel mis à disposition par Torba*)
Huilerie : pression à froid et recyclage grignon/margine
Commercialisation selon les principes du circuit-court  

* peigne mécanique, baches, broyeur, caisses, tronçonneuse…  
**Le petit producteur sera d’autant plus éligible qu’il a été touché par les incendies  
OBJECTIFS
  Pour obtenir huile de qualité selon les principes de l’agroécologie

Voici des extraits résumés  
Les pratiques culturales oléicoles agroécologiques  
Entretien du sol de l’oliveraie
Oliveraie en sec (pluvial)
Le sol sera laissé nu durant la période courant de février à septembre, contribuant également de la sorte à limiter la propagation des feux ; en dehors de cette période, la flore spontanée pourra se développer L’outillage devra assurer un travail superficiel du sol, à moins de 10 cm de profondeur, afin de ne pas blesser les racines de l’olivier. L’outil choisi doit permettre d’éliminer efficacement la couverture herbacée tout en conduisant à un émiettement grossier du sol, afin de ne pas favoriser le phénomène de battance.
Oliveraie en irrigué Il pourra être envisagé de maintenir un enherbement permanent La maîtrise de l’enherbement nécessite de disposer d’un outil de tonte adapté à la taille des surfaces à entretenir et au relief des parcelles :  pour les petites surfaces et les reliefs accidentés : tondeuse forestière, débroussailleuse… ; pour les surfaces importantes et planes : gyrobroyeur et broyeur à marteaux ou à fléaux. Le pâturage est une alternative au fauchage de l’herbe… Protection phytosanitaire de l’oliveraie L’intervention de l’oléiculteur n’est pas systématique : elle se justifie uniquement lorsque les populations de ravageurs dépassent les seuils de nuisibilité. En effet, l’action de régulation des prédateurs naturels et des conditions climatiques défavorables peuvent s’avérer suffisantes pour contenir le développement de certains ravageurs.  En cas de dépassement des seuils de nuisibilité, et pour autant que l’on ne dispose pas d’alternatives parmi les méthodes de lutte culturale, mécanique, physique, biologique, il est envisageable de recourir à des produits phytopharmaceutiques faisant l’objet d’une autorisation d’utilisation dans la production biologique.  
La fertilisation de l’oliveraie Principe de gestion de la fertilité du sol Pour l’agroécologie, la fertilité du sol repose avant tout sur l’activité biologique du sol. par la pratique des cultures d’engrais verts, par l’épandage d’effluents d’élevage ou de matières organiques, de préférence compostés, provenant de la production biologique. Amendements et engrais utilisables en agroécologie Les amendements organiques utilisables sont nombreux, de manière non exhaustive il peut s’agir de : fumiers (vache, cheval, mouton, chèvre…), fientes de volaille, grignons et margines, pailles, composts de fumier ou végétaux… Les amendements et engrais sont incorporés superficiellement au sol afin d’éviter les pertes éventuelles (volatilisation d’ammoniac…) et pour localiser les éléments nutritifs à proximité des racines de l’olivier.
Les économies en eau et l’irrigation de l’oliveraie Avant d’envisager l’irrigation, il convient de mettre en œuvre les mesures d’économie en eau, qui visent notamment à valoriser au mieux les eaux pluviales en réduisant le plus possible leur ruissellement. A cet effet, il peut être aménagé dans un verger en pente des fossés d’infiltration continus (baissières) ou des cuvettes individuelles qui capteront les eaux de ruissellement pour permettre ensuite à l’eau captée de s’infiltrer dans le sol et d’être utilisée par l’olivier en période de sécheresse. Un dispositif applicable consiste à aménager une cuvette en amont de l’olivier, à l’aplomb de la ramure ; la cuvette d’infiltration doit avoir un volume de 3 m³, avec une longueur de 3,5 m ; un exemple de dimension peut être de 3,5 m de longueur pour 1,7 m de largeur et 0,5 m de profondeur.  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *