18 octobre 2021

Assises de l'agriculture Algérienne

Quelques propositions lumineuses de Djamel Belaid (extraits) :
-L’agriculture a pour mission de :
–nourrir la population algérienne (et pas les consommateurs européens),
–créer de l’emploi à nos jeunes (60 000 jeunes ruraux arrivant chaque année sur le marché de l’emploi), chose que ne peut pas faire une politique de fermes de 1000 hectares avec des capitaux privés locaux ou étrangers).
–contribuer à préserver l’environnement. En effet, le milieu naturel local est fragile. Il est sujet à des processus d’érosion, de désertification et de salinisation. L’agriculture doit revêtir un aspect durable.

CEREALES/LEGUMES SECS/FOURRAGES
-priorité au non-labour avec semis direct (produire massivement des semoirs low-cost), le retard du programme CMA-SOLA sur le semoir Boudour est inexcusable, encourager la production privée de semoirs,
-développer la production de matériel de désherbage mécanique (herse étrille, houe rotative),
-développer les rotations, seul moyen de lutter contre les graves infestations de brome, ver blanc, nématodes,
-développer la production d’oléagineux : colza, tournesol et carthame (voir le progrès variétal en Australie),
-semences : encourager la production de semences certifiées par les CCLS, mais aider les fellahs à améliorer la qualité de leurs semences de ferme,
-semences : développer un programme de semences non-OGM de type Clearfield, encourager l’investissement privé local,
-notre céréaliculture en sec étant structurellement déficitaire, permettre à des céréaliers groupés en G.I.E de produire de la valeur ajoutée et donc de transformer leur production en semoule, couscous, pâtes alimentaires en recevant les mêmes aides financières que les grands groupes transformateurs (Benamor, Dahra, Smid Tell, …).
JACHERE
-mettre à la disposition des agriculteurs des outils permettant d’exploiter à moindre coûts les surfaces de jachère. A ce titre, l’abandon du labour et son remplacement par des techniques culturales superficielles ou de semis direct est tout indiqué. Outre la rapidité d’exécution,cela permet la réduction des coûts.
-sur les surfaces de jachère pâturée, tester des outils de non labour (semis direct) afin de semer des mélanges fourragers à pâturer. A la traditionnelle association vesce-avoine, il s’agit de vulgariser de nouvelles associations (pois fourrager-triticale) mais également des espèces nouvelles telles le colza fourrager.
MACHINISME AGRICOLE
-étant donnée la faiblesse de la production locale pour certains matériels (semis direct, désherbage mécanique, …) envisager des mécanismes de soutien matériels et financiers aux entreprises locales.
FONCIER
-de nombreux exploitants sous-louent des terres de façon non officielle et de ce fait ne peuvent bénéficier de prêts bancaires et de l’aide des institutions agricoles.
-envisager un statut du fermage pour assurer la location des terres agricoles et sortir de l’informel
AGRO-ALIMENTAIRE
Ces dernières années, le secteur agro-alimentaire s’est considérablement développé. Nombreux sont les industriels qui n’envisagent leur activité que sur la base de la transformation de produits importés. A l’avenir, il devrait leur être EXIGE de recourir progressivement à l’utilisation de matières premières locales. Cette évolution devrait se faire selon un cahier des charges et selon un calendrier défini avec les structures compétentes du MADR.
Comme le font certaines laiteries, semouleries mais aussi de nombreuses conserveries de tomate industrielle, les transformateurs devraient avoir obligation de :
-mettre sur pied des services d’appui technique aux agriculteurs,
-assurer une aide financière sous la forme d’avances financières partielles.
OLEAGINEUX
A part l’oléiculture, la production locale d’oléagineux est pratiquement inexistante. Pourtant, selon les étages climatiques du pays, différentes cultures sont possibles : colza, tournesol, carthame, arachides.
Outre la couverture partielle des besoins de la population, la culture d’oléagineux permet :
-d’assurer une rotation des cultures afin de réduire la monoculture des céréales qui pose d’énormes problèmes de parasitisme,
-d’assurer la production de tourteaux entrant dans la fabrication des aliments du bétail,
-d’assurer à des groupements d’agriculteurs de créer plus de valeur ajoutée en pressant leurs graines pour produire et vendre de l’huile.
Il s’agit d’assurer la disponibilité en semences d’oléagineux et en petit matériel de trituration.
MAIN D’OEUVRE ETRANGERE
-envisager un statut spécifique à la main d’oeuvre étrangère qualifiée afin de favoriser des séjours prolongés sur le territoire national,
COOPERATION INTERNATIONALE
-encourager la coopération avec les pays développés à climat semi-aride (exemple, l’Australie) afin de bénéficier des acquis de leur recherche-développement
http://www.djamel-belaid.fr/

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